Le mardi 4 mars 2008, à partir de 12 heures, 37 rue de Bellechasse à Paris, salle de réunion de la DMPA, le Professeur André KASPI, Président de la commission chargée de réfléchir à l’avenir et à la modernisation des commémorations et célébrations publiques organisées par le SEDAC, a auditionné le Président de l’Union fédérale.
D’un abord très cordial, secondé par un secrétaire, le Professeur KASPI déclara d’emblée qu’il entendait recevoir un à un l’ensemble des dirigeants des associations représentatives du monde combattant avant de formuler ses recommandations.
Ignorant tout de l’Union fédérale, la première partie de l’entretien porta sur sa présentation, des origines à nos jours, avec mention de ses personnalités marquantes. L’allusion à René Cassin ne fit pas sourciller le Professeur KASPI !
Ensuite, la discussion s’aiguilla sur l’intérêt prêté par les médias aux commémorations et nos rapports avec eux.
Ma réponse fut que par expérience nous savions que les anciens combattants ne les intéressaient pas. Cette déclaration étant émaillée d’exemples : Grandes manifestations publiques, Prix de civisme, 90ème anniversaire de l’Union fédérale, etc.
Bien évidemment, Monsieur KASPI rétorqua que les cérémonies du 60ème anniversaire des débarquements (6.06.2004 et 15.08.2004) avaient fait l’objet de retransmissions.
Ayant remis la motion A-08/1 adoptée par le Comité fédéral des 31 janvier et 1er février 2008, mon interlocuteur ne retint que le paragraphe déplorant l’absence d’un représentant du monde combattant associatif dans la commission, il indiqua en outre qu’il n’avait pas voulu de représentant ancien combattant pour éviter que les non- retenus ne soient mécontents car, ajouta-t’il, le monde combattant est divisé. Comme l’a indiqué le Président de la République le 10 janvier 2008, à l’occasion de ses vœux à la Défense, il faudrait qu’il s’unisse.
A cela, j’ai rétorqué que l’UFAC créée par le Général de Gaulle le 14 mai 1945, existait et que c’était aux associations qui s’en étaient retirées totalement (ou partiellement) d’y revenir. De fait, la présence du Président de l’UFAC aurait été admise sans difficulté par tous.
Le Professeur KASPI, continua en indiquant que les rapports des Préfets indiquaient clairement que certaines commémorations tombaient en désuétude et n’attiraient que très peu de participants. Il cita, la journée des Déportés et l’hommage aux Harkis.
Enfin, fut abordé le problème de la transmission de la mémoire à la jeunesse, la participation aux commémorations en étant un des facteurs.
J’indiquais que dans les villes et villages où les rapports avec le corps enseignant étaient bons, cela marchait très bien, y compris les jours fériés. D’autre part, qu’il était indispensable de donner un rôle actif aux enfants, seule manière de les intéresser.
J’ajoutais, que l’idée de faire « parrainer » par la jeunesse locale les morts pour la France inscrits sur le mémorial communal me semblait une excellente idée.
De même la remise en vigueur de l’éducation morale comme matière à enseigner ne pouvait qu’être bénéfique.
Dernier sujet abordé : comment intéresser la jeunesse issue de l’immigration ?
Je répondis qu’étant donné la regrettable disparition du service national qui permettait d’inculquer aux appelés des notions de civisme, de vie collective et de respect des autres, le rôle de l’éducation nationale devrait redevenir prééminent. En dépit des réticences, il faudrait l’imposer.
En fin d’entretien, le Professeur KASPI me demanda mon avis sur le maintien des commémorations, tout en suggérant la suppression de certaines d’entre-elles.
Ma réponse fut qu’actuellement il convenait de les conserver dans leur ensemble, mais qu’en 2025/2030, la plupart des acteurs ayant disparus, la question devrait être reposée à nos descendants.
Indiquant qu’il ne pourrait attendre jusque là, car il devait fournir des conclusions avant la fin de l’année, le Professeur KASPI me remercia et leva la séance.
Il était 12 h 45.
Serge Cours