Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants, Victimes de guerre et des Jeunesses de l'Union Fédérale
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Françaises d'Anciens Combattants,
Victimes de guerre et des Jeunesses de l'Union Fédérale

ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE / CEAC / L'Europe / Conseil de l'Europe


Conseil de l'Europe

La grande pauvreté en Europe

La pauvreté en Europe : quelques indicateurs

La difficulté de mesurer la pauvreté

Qu'est ce que la pauvreté ? Comment la mesurer ? Pour prendre la mesure d'une situation, il est essentiel d'en comprendre la nature profonde. Pendant très longtemps, la pauvreté a été réduite à un concept de pauvreté monétaire, de situation où une personne est considérée comme pauvre si son revenu ne lui permet pas d'assurer un niveau de vie considéré comme minimum dans la société. En grande partie grâce aux ONG, les chercheurs ont compris au cours des trente dernières années que la pauvreté ne peut pas se réduire à un niveau de revenu. Les ONG ont montré la complexité et la dynamique de la pauvreté, et permis de mieux cadrer les politiques de lutte contre la pauvreté. Par leur connaissance des aspects qualitatifs de la pauvreté, les ONG ont montré les carences des indicateurs purement quantitatifs et souvent simplistes utilisés par la communauté internationale, et elles ont établi les bases d'une meilleure connaissance et de mesure de la pauvreté. Ce travail de connaissance reste encore insuffisamment connu des politiques et des institutions. Il doit être poursuivi en impliquant les personnes qui vivent dans la pauvreté.

Aujourd'hui, et grâce aux ONG, la notion de pauvreté a évolué d'un concept très restreint de manque de ressources monétaires à une définition qui rend compte de l'aspect multidimensionnel et de la dynamique de la pauvreté (1) . La pauvreté est maintenant reconnue
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1) Voir par exemple les publications d'ATD Quart Monde, de Caritas Internationalis, de la Fondation Robert Schuman. L'aspect multidimensionnel de la pauvreté est mieux compris au niveau international depuis le Sommet mondial sur le développement social tenu à Copenhague en 1995, et a été développé dans les travaux du Conseil de l'Europe, par exemple dans l'excellent rapport «Accès aux droits sociaux en Europe», octobre 2002.
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comme étant le résultat d'un enchaînement de précarités ou de handicaps qui affectent plusieurs domaines de l'existence, dont l'emploi, l'accès au logement, à la santé, à l'éducation, à la culture, à la justice, à la protection de la famille pour n'en citer que les principales. « Quand ces précarités persistent, elles se renforcent mutuellement et compromettent les chances des personnes concernées d'assumer leurs responsabilités et de reconquérir leurs droits par elles mêmes » (2). Les personnes passent ainsi de la pauvreté à la grande pauvreté (cumul de handicaps sur la durée) ; elles deviennent exclues de la société et ne se considèrent plus comme des sujets de droits.
Ce progrès dans la compréhension de la pauvreté a permis de mieux faire comprendre l'interdépendance et l'indivisibilité des droits de l'homme. En effet, la pauvreté rend difficile ou même empêche l'accès aux droits sociaux. Une personne témoigne de l'enchaînement de précarités qui se renforcent mutuellement et qui l'enfonce toujours plus dans la précarité : « Sans logement, sans eau potable, sans revenu minimum ou d'autres ressources, il n'est tout simplement pas possible d'être en bonne santé, de veiller à ce que les enfants aillent à l'école, de participer aux activités locales ou même de voir sa famille respectée. » Autrement dit, être pauvre peut compromettre l'accès à la santé, à l'éducation, à la vie publique et citoyenne, donc nuire au libre exercice des droits et libertés fondamentales dont devrait pouvoir jouir tout être humain.
Malgré des progrès certains dans l'établissement d'indicateurs de pauvreté, il faut admettre que, pour les ONG, l'Europe ne dispose
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2) Définition de la grande pauvreté proposée par le Conseil économique et social (France) dans le rapport Wresinski « Grande pauvreté et précarité économique et sociale », février 1987. Cette définition a été reprise par L. Despouy dans les travaux de la Sous commission des droits de l'homme à l'ONU à Genève.
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toujours pas d'indicateurs satisfaisants des situations de pauvreté. Partons donc de ce qui existe. Deux grands types d'indicateurs sont disponibles, les indicateurs de pauvreté absolue et de pauvreté relative.
Les indicateurs de pauvreté absolue reposent sur le concept de seuil de pauvreté monétaire en dessous duquel une personne est considérée comme pauvre, le montant de son revenu n'étant pas suffisant pour couvrir les besoins élémentaires de vie. La Banque mondiale, l'ONU, et certains pays dont la Fédération de Russie utilisent un tel concept pour leurs études et comparaisons internationales.
Les indicateurs de pauvreté relative sont aussi des indicateurs monétaires, mais au lieu de se baser sur un niveau minimum de revenu, ils sont établis en fonction d'un revenu représentatif dans la société comme par exemple le revenu moyen ou médian des ménages; ce concept est appliqué par EUROSTAT, l'institut des statistiques de l'Union européenne ; le seuil de pauvreté y est établi à 60 pour cent du revenu médian dans chaque pays.
Ces indicateurs de pauvreté absolue ou relative permettent certes des comparaisons internationales, mais se limitent à une mesure monétaire de la pauvreté. Ils ne donnent donc qu'une image partielle et bien incomplète de la pauvreté.
De plus, il nous faut indiquer que, dans de nombreux pays, la mesure officielle de la pauvreté ne correspond pas à la perception qu'ont les personnes de leur situation. Souvent, plus de personnes se considèrent comme pauvres que ne le suggèrent les indicateurs. En Fédération de Russie, par exemple, et selon des statistiques de
Notons enfin que le concept de pauvreté est par nature relatif et que pour comprendre et sortir de la grande pauvreté, il faut la voir et la comprendre à partir des personnes concernées elles mêmes.(3)
Que retenir des toutes ces informations? Malgré l'enrichissement et la croissance des pays d'Europe, la pauvreté continue à frapper un grand nombre d'Européens. Des progrès sont faits dans la lutte contre la pauvreté et dans l'établissement d'indicateurs, mais le scandale de la pauvreté interpelle comme jamais les ONG.

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3) Voir étude de la Banque Mondiale "Another approach to poverty indicators in Belgium". In: Godinot Xavier, Wodon Quentin (ed.), Participatory approaches to attacking extreme poverty. Cases studies led by the International Movement A TD Fourth World, World Bank working paper No. 77, The World Bank, avril 2006, pp. 107 115.
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