- M. le représentant Monsieur Christian Poncelet, Président du Sénat ;
- M. le Colonel Hervé RENAUD, représentant Monsieur Dominique de Villepin, Premier ministre ;
- M. Eric LAGEL, chargé de mission, représentant Monsieur Hamlaoui Mekachera, Ministre délégué aux anciens combattants ;
- M. Jean-Louis DELPUECH, Directeur du service départemental de l’ONAC de Paris, représentant Monsieur Guy Collet, Directeur général de l’ONAC ;
- Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe au Maire de Paris, représentant M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris ;
- M. Marcello SCARONE AZZI, membre de l’UNESCO, représentant Monsieur Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO ;
- M. le Professeur Jean-François FLAUSS, représentant Monsieur Jean Waline, Président de l’Institut international des Droits de l’Homme ;
- M. Jacques GOUJAT, Président de l’UFAC et de la FNCPG-CATM.
- M. Maurice GAMBERT, Président de la FNAM ;
- Mmes et MM. les Présidents ou représentants des associations amies invitées ;
- MM. les Présidents honoraires et membres de l’Union fédérale ;
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de citer les principales autorités excusées :
M. Jacques CHIRAC, Président de la République ;
M. Jean-Louis DEBRE, Président du Conseil Constitutionnel ;
M. Gilles DE ROBIEN, Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ;
M. Renaud DONNEDIEU DE VABRES, Ministre de la Culture et de la Communication ;
Mme Josette Cassin, nièce de René Cassin ;
M. et Mme BERTHOZ.
Sachant que cette présentation ne saurait être exhaustive, l’Union fédérale remercie toutes les personnes qui ont répondu à son appel, plus encore celles qui se trouvent présentement réunies auprès du tombeau de René Cassin, père fondateur et spirituel de notre fédération, ardent défenseur de la liberté.
Aujourd’hui, 28 février 2007, huit jours après la date anniversaire de sa mort, survenue le 20 février 1976, à l’occasion de notre hommage annuel, nous allons rappeler quelques traits saillants de son œuvre immense, tout en sachant que ce rappel laissera dans l’ombre des pans entiers de ses travaux.
René Cassin a vu le jour le 5 octobre 1887, au sein d’une famille juive établie à Bayonne.
Après de brillantes études, à 27 ans, il est avocat au Barreau de Paris lorsque la Grande Guerre se déclenche.
Mobilisé dès les premières heures du conflit, il est affecté au 311ème régiment d’infanterie en qualité de soldat de 2ème classe et envoyé au front avec son unité.
L’âpreté des combats et la vaillance de sa conduite, lui valurent très vite les galons de Caporal, mais son sens inné du commandement et de la manœuvre militaire furent brisés le soir du 12 octobre 1914, près de St Mitriel, par une rafale de mitrailleuse.
Touché au bras, au flanc, au ventre il est ramené dans les lignes françaises grâce au courage de ses camarades, mais il semble condamné à une mort certaine.
Cependant, dix jours plus tard, alors qu’il agonise à Antibes, un jeune médecin-lieutenant décide de l’opérer et le sauve in extremis.
Il est décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de guerre avec palme, mais rendu physiquement inapte au combat, la guerre armée est finie pour lui et il se retrouve chargé de cours de droit aux Universités d’Aix et de Marseille. Militant dans l’âme, René Cassin découvre bien vite qu’il convient de combler le vide juridique existant à l’encontre des centaines de milliers de mutilés engendrés par la guerre.
Conscient que cela ne pourra se réaliser que sous la pression, il adhère le 27 février 1917, il y a 90 ans presque jour pour jour, à l’une des premières associations de Mutilés, celle d’Aix, réformés et victimes de guerre qui se créent sur l’ensemble du territoire national et il milite activement au regroupement des milliers de structures constituées.
L’esquisse de l’Union fédérale voit le jour le 11 novembre 1917, à Paris, (Grand Palais) où se tient le 1er congrès national de notre fédération.
Les idées sont lancées, les dirigeants sont trouvés et trois mois plus tard, à Lyon, se rassemble le 2ème congrès qui les concrétise.
René Cassin occupe le poste de Secrétaire général de l’Union fédérale en 1920, il en est Président en 1922, puis Président honoraire.
Jusqu’à son dernier souffle, il lui reste fidèle et lui fait bénéficier de ses connaissances et de son expérience.
Aux côtés d’autres grands militants de l’Union fédérale, tels Charles Valentino, Marcel Lehmann, Gaston Vidal et bien d’autres, il participe activement à l’élaboration de la doctrine du Droit à réparation, lequel sera officialisé le 31 mars 1919, par l’adoption de la loi « Lugol ».
Dès 1920, il comprend que les anciens combattants doivent user de leur expérience de la guerre pour sauvegarder et organiser la Paix. Dans ce but, il rencontre les représentants des mutilés allemands en 1921, puis en 1924, il devient membre de la délégation française à la Société des Nations.
Homme de Paix certes, mais pas à n’importe quel prix, il dénonce en janvier 1933 le coup d’Etat d’ Adolf Hitler ; en 1935, l’agression de l’Ethiopie par Mussolini ; en 1936 la guerre d’Espagne déclenchée par Franco. En 1938, il combat les accords de Munich et démissionne de la Société des Nations, qu’il estime incompétente et laxiste.
Ce long mandat international, ne lui fait pas oublier celles et ceux pour lesquels il a déjà tant donné.
Son action, aux côtés de Jeanne Callarec, autre personnalité incontournable de l’Union fédérale, lui fait obtenir en 1924 l’appellation de « Père des pupilles de la Nation ». En 1926, il rédige le texte de la loi sur les emplois obligatoires. En 1930, il obtient la création de la retraite du combattant.
Nous pourrions citer bien d’autres actions entreprises et menées à bien par René Cassin durant l’entre-deux guerres, mais évoquons l’homme de 1940.
Sans l’avoir entendu, René Cassin a connaissance de l’appel du Général de Gaulle. Le 19 juin 1940, il embarque à St Jean-de-Luz à bord de l’Ettrick qui va faire route vers l’Angleterre.
Dix jours plus tard, après avoir débarqué à Plymouth, il se présente au Général de Gaulle et lui dit : "Général, j’arrive de Bordeaux directement pour répondre à votre appel du 18 juin que je ne connais que par ouï-dire. J’étais décidé à ne pas accepter une défaite qui signifie la ruine de la liberté dans le monde entier. Je suis juriste, professeur de droit, je suis aussi un invalide d’infanterie de la guerre 1914-1918. Enfin, j’ai présidé un million de mutilés et d’anciens combattants groupés dans l’Union fédérale. Jugez-vous que mon concours puisse vous être utile ?"
"Vous tombez à pic", furent les premiers mots du Général.
Devenu le négociateur privilégié du Général de Gaulle, il est le principal artisan de l’accord du 7 octobre 1940, conclut avec Sir Winston Churchill, qui officialisait l’existence et l’indépendance de la France Libre. L’ordonnance du 24 septembre 1941, nommant René Cassin à la justice et à l’instruction publique l’ulcère car il se voyait privé, écrivit-il plus tard "de tout contact avec les efforts de libération de la France".
Il s’incline néanmoins et à ce poste, il définit deux domaines prioritaires : le châtiment des criminels de guerre et la création d’institutions internationales aptes à construire un monde nouveau.
C’est ainsi que naquit dans son esprit le projet de rédaction d’une déclaration universelle des Droits de l’Homme, calquée sur celle de 1789.
Ce projet sera concrétisé en 1948 et il en rédigera le préambule.
En 1944, dès la libération, il est nommé Vice-président du Conseil d’Etat, un an plus tard, il devient le Président-fondateur de l’ENA.
- Membre de l’Institut (1947) ;
- Président de la Cour supérieure d’arbitrage (1950) ;
- Président de la commission constitutionnelle provisoire (1985) ;
- Membre du Conseil Constitutionnel (1960) ;
- Juge, puis Président de la Cour européenne des Droits de l’Homme (1965-1969) ; 10 décembre 1968, récompense suprême, René Cassin reçoit le Prix Nobel de la Paix, avec le montant duquel il crée l’Institut international des Droits de l’Homme auquel son nom reste attaché.
Grand Croix de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, Médaillé militaire, titulaire des Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, de la Médaille de la Résistance avec rosette, Commandeur des Palmes académiques et du Mérite combattant, René Cassin possédait de nombreuses décoration françaises et étrangères, ainsi que la médaille d’Or de l’Union fédérale.
Il s’est éteint le 20 février 1976 à l’âge de 89 ans. Ses obsèques eurent lieu devant l’Hôtel de l‘Ordre de la Libération, aux Invalides et ses cendres transférées au Panthéon le 5 octobre 1987, à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Il s’est éteint le 20 février 1976 à l’âge de 89 ans. Ses obsèques eurent lieu devant l’Hôtel de l‘Ordre de la Libération, aux Invalides et ses cendres transférées au Panthéon le 5 octobre 1987, à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Cet aperçu sur l’œuvre monumentale de René Cassin est bien incomplet, nous nous en excusons, mais notre fidélité et notre respect compenseront, nous en sommes persuadés, la brièveté de notre hommage.
Mesdames et Messieurs, l’Union fédérale vous réitère sa reconnaissance pour votre présence en ce haut lieu de la Mémoire.
Nous allons procéder au dépôt de gerbe.
Je demande aux représentants de Monsieur le Ministre délégué aux anciens combattants et de Monsieur le Maire de Paris, de bien vouloir effectuer ce geste symbolique en ma compagnie.
Au moment, nous vous prierons de bien vouloir observer un instant de recueillement.