-M. Marc DEL GRANDE, Directeur adjoint du cabinet du SEDAC, représentant M. Nicolas SARKOZY, Président de la République et M. Jean-Marie BOCKEL, SEDAC,
-M. le Colonel LE RAY, représentant M. François FILLON, Premier ministre,
-M. le Général KAPFER, représentant M. Gérard LARCHER, Président du Sénat,
-Mme Anna LAURENT, Chef du bureau des actions éducatives, culturelles et sportives, représentant M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale,
-M. Jean-Pierre DUPORT, Conseiller d’Etat, représentant M. Jean-Marc SAUVE, Vice-président du Conseil d’Etat,
-Mme Catherine VIEU-CHARRIER, représentant M. Bernard DELANOË, Maire de Paris,
-M. Gilbert LEMOINE, Directeur général adjoint, représentant M. Rémy ENFRUN, Directeur général de l’ONAC,
-M. Alexandre BAETCHE, adjoint au Maire, représentant M. TIBERI, Maire du Vème arrondissement,
-M. Jean DEBOISE, représentant M. Jacques GOUJAT, Président de l’UFAC,
-M. Jean-François FLAUSS, Secrétaire général, représentant M. Jean WALINE, Président de l’Institut international des Droits de l’Homme de Strasbourg,
-M. le Général LACAPELLE, représentant M. Gérard DELBAUFFE, Contrôleur général des Armées, Président du Souvenir Français,
-M. le Général CA (2s) Pierre LANG, Président de la FNAOM,
-M. Léonard Michel COLOMBO, Président de la FAFAC,
-M. Alexandre PEREIRA, Président de l’ACVE du Ministère des Armées,
-Mme Béatrice PHILIPPE, représentant l’Alliance Israélite,
-M. Ernest SIDOUXWALTER, représentant M. Jean BALAZUC, Président de l’Union des anciens combattants d’EDF-GDF,
-M. le Colonel Mohammed SPAHIS, Vice-président de l’UFIF,
-Mme Yvonne JOUDOUX, Présidente honoraire des Amis de l’UFSH,
-M. Bernard SALE, Président de l’UF de la Seine et Marne,
-M. Bernard BRUNEAU, Président de la section de l’UF de Houilles,
-Les membres du Conseil d’administration de l’Union fédérale,
et tant d’autres amis.
Parmi les hautes personnalités excusées, nous citerons :
-M. Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée nationale,
-Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication,
-M. Jean-Paul Costa, Président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme,
-M. Hamid Ibrahim, Président de la FMAC,
-M. Yvan Glasel, Président de la France Mutualiste,
-Mme Albert Aubry, Présidente d’honneur des Amis d’Albert Aubry,
-M. Jacques Derivière, Président de la Confédération européenne des anciens combattants,
-M. Francis Lefort, Président du Comité national du Souvenir de Verdun,
-Mme Berthoz, nièce de René Cassin.
Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs le Présidents,
Chers amis de l’Union fédérale,
Sachant par expérience que la présentation que nous venons de réaliser ne saurait être exhaustive, nous prions les personnalités omises dans notre présentation d’accepter nos excuses, car dans notre esprit il n’existe aucune restriction. L’Union fédérale remercie toutes les personnes qui se trouvent en ce moment auprès du tombeau de René Cassin, fondateur et père spirituel de notre fédération.
33 après sa disparition notre présence en ce haut lieu où reposent pour l’éternité tant d’hommes illustres, exprime notre fidélité à celui dont les messages d’humanisme, de paix, mais aussi de patriotisme, n’ont pas pris une ride.
Le souvenir de ce personnage exceptionnel, totalement dévoué à l’Union fédérale, allant même jusqu’à en faire incruster l’insigne dans la poignée de son épée d’académicien, nous motive quotidiennement et nous incite à poursuivre avec ardeur notre lutte pacifique, mais exempte de faiblesse, pour un idéal de liberté, de justice et de démocratie.
Avant d’observer les instants de recueillement pour lesquels nous sommes venus, vous nous permettrez de rappeler quelques épisodes de la carrière et de l’œuvre de René Cassin.
René Cassin est né à Bayonne le 5 octobre 1887. Bachelier en 1904, il étudie avec passion l’Economie politique, l’Histoire constitutionnelle et le droit romain à la faculté d’Aix-en-Provence, mais c’est à Paris, en 1914, qu’il devient Docteur ès Sciences juridiques, économiques et politiques. L’été commence et la guerre éclatera dans quelques jours.
Mobilisé dès les premières heures du conflit, il combat sur le front de la Meuse en qualité de simple soldat. Dans les moments difficiles, il se révèle à lui-même : il arrête la panique de ses camarades alors qu’ils sont pris sous un violent bombardement ; il monte sur la tranchée pour mettre en évidence ses pantalons rouges et ainsi faire allonger le tir trop court de l’artillerie française, le 12 octobre 1914, il prend le commandement d’un corps franc qui a reçu mission de s’emparer près de Saint Mihiel les casernes de Parroches occupées par l’ennemi.
Aucune préparation, aucune possibilité d’escalade des murs, l’irréparable arrive ! Pris sous un tir de mitrailleuse, René Cassin est grièvement blessé au bras, au flanc et au ventre. Un ambulancier courageux parvient à le récupérer, mais c’est seulement dix jours plus tard, alors qu’il agonise à Antibes, qu’il sera opéré par un médecin-lieutenant.
Il est sauvé mais la guerre est finie pour lui !
Pour ce fait d’armes il est décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de guerre avec palme, mais devenu physiquement inapte au combat, il se retrouve professeur de droit à la faculté d’Aix-en-Provence.
Militant dans l’âme, René Cassin adhère le 27 février 1917 à l’Amicale des réformés n° 1 d’Aix, alors présidée par un électricien-lampiste et en devient le Secrétaire adjoint. Plus tard il dira : <<Je voulais aider, sans briller >>.
Persuadé qu’il faut combler au plus vite le vide juridique existant à l’encontre des mutilés et conscient que cela ne pourra se réaliser que sous la pression des millions de blessés, d’orphelins, de veuves et de victimes de guerre que compte le pays, il participe dès lors activement au regroupement des milliers d’associations et amicales qui ont vu le jour en France à partir de 1916.
Ce faisant, orateur né, empreint de bon sens, aux côtés de personnalités telles Charles Valentino, Marcel Lehman, Gaston Rogé et tant d’autres, il devient l’un des fondateurs de l’Union fédérale, dont le premier congrès national s’est tenu, rappelons-le, le 11 novembre 1917, au Grand Palais, à Paris.
Il en sera Secrétaire général en 1920, Président en 1922, puis Président honoraire à vie et lui restera fidèle jusqu’à son dernier souffle.
René Cassin veillera à ce que les mutilés et victimes de guerre obtiennent réparation, mais ne soient pas pour autant utilisés à des fins politiques.
Ainsi, le 31 mars 1919, sera adoptée la loi « Lugol » instituant le droit à réparation, dont le texte, rappelons-le sans modestie, fut initié par les grands militants de l’Union fédérale.
De 1920 à 1930, René Cassin œuvre sans cesse pour la dignité des anciens combattants et victimes de guerre, leur droit au travail, la rééducation des mutilés, les emplois réservés, la sollicitude pour les orphelins, œuvre qui sera concrétisée par de nombreuses lois. En 1923, ne sera-t-il appelé « le Père des Pupilles de la Nation ».
En 1930, il obtient la création de la retraite du combattant.
Homme de paix, il représente la France à la délégation de la Société des Nations dès 1924. En janvier 1933 il dénonce le coup d’Etat qui mène Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne ; en octobre 1935 l’agression de l’Ethiopie par Mussolini, en 1936 la guerre d’Espagne,…
Cela lui fit dire en septembre 1937, à Grenoble, lors d'un rassemblement réunissant 10 000 membres de l'Union fédérale <<Les bombes qui tombent aujourd'hui sur Shangai et Madrid ne font qu'annoncer celles qui tomberont sur nos villes françaises>>.
En 1938, avec courage et détermination, il combat les accord de Munich, et démissionne de la Société des Nations, qu'il juge incompétente et laxiste.
Le 19 juin 1940, ayant eu connaissance de l'appel du Général de Gaulle, il s'embarque à St-Jean-de-Luz à destination de l'Angleterre. Dix jours plus tard, il offre ses services au Général de Gaulle, dont il devient le conseiller juridique.
Rappelons qu'il fut le principal artisan de l'accord du 7 octobre 1940, conclut entre Sir Winston Churchillet le Général de Gaulle, accord qui officialisera l'existence et l'indépendance de la France Libre.
Dès 1942, il établit les principes d'un nouvel ordre international, lequel sera concrétisé par la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948, dont il rédige le préambule.
Vice-président du Conseil d’Etat, créateur et président de l’Ecole Nationale d’Administration, vice-président, puis président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, René Cassin recevra le 10 décembre 1968, le Prix Nobel de la Paix.
Compagnon de la Libération, Grand Croix de la Légion d'honneur, Médaillé Militaire, titulaire des croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, Médaillé de la Résistance, Commandeur des Palmes académiques, René Cassin était titulaire de très nombreuses décorations françaises et étrangères.
Il s’est éteint le 20 février 1976 à l’âge de 89 ans et ses cendres ont été transférées au Panthéon le 5 octobre 1987, jour anniversaire du centenaire de sa naissance.
Je terminerai cette brève et fort incomplète énumération des mérites de René Cassin, en citant l’un de ses messages, celui délivré en clôture de son discours de réception du Prix Nobel : <<J’adore mon pays d’un cœur qui déborde ; et plus je suis Français, plus je me sens humain>>.
Nous allons maintenant déposer une gerbe sur son tombeau et nous prions M. Del Grande, représentant de Monsieur le Président de la République et M. le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants et M. Baetche, Maire adjoint, de bien vouloir effectuer ce geste en ma compagnie.
Au moment du dépôt, nous vous prierons d’observer un instant de recueillement, puis l’espace étant exigu, si vous le souhaitez vous pourrez tour à tour vous incliner devant le sépulcre de René Cassin.
Mesdames et Messieurs, l’Union fédérale vous remercie du plus profond de son âme.